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L’inspiration, parfois elle est là, parfois elle ne l’est pas. J’ai beau gribouiller et tester pas mal de chose, je suis souvent insatisfaite de mes recherches. Alors comment avoir « l’idée de… » ? Chaque artiste a un processus qui lui est propre, pour ma part, tout commence généralement par un petit déclencheur. Je suis actuellement entrain de plancher sur ma prochaine linogravure, c’est l’occasion de détailler mon processus de création, et qui sait, peut-être vous donner quelques idées.

Comment trouver l’idée ?

Dimanche 5 avril je végète sur mon canapé et devant la télé, et je tombe par hasard sur un joli documentaire Arte « Le ciel des hommes ». Il est 15h, je sors d’un grand ménage de printemps, je ne suis pas vraiment concentrée. J’entends vaguement le sujet, l’observation des astres et le système d’écriture du peuple Maya. Mon esprit est ailleurs, mais mes yeux continuent de travailler. Les gros plans sur le codex de Dresde défilent et c’est le coup de cœur instantané. C’est mon petit déclencheur. Je note tout de suite dans mon téléphone le nom du codex, pour y revenir plus tard. Et je me dis que plus tard, ce sera trop tard. Je ne suis pas une impulsive dans l’âme, mais quand il s’agit de créer, je n’aime pas laisser l’inspiration filer. Dix minutes plus tard, j’ai déjà stocké une vingtaine de photos sur le sujet. En les observant je découvre la richesse de cette écriture et la nécessité de structurer ma petite découverte.

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Codex de Dresde. Credit: University of California, Santa Barbara.

Codex de Paris.

Comment canaliser son idée ?

Armée de mon carnet et de mes feutres, je commence à inventorier toutes ces formes extraites des codex de Dresde, de Paris et de Madrid. Je n’ai absolument aucune idée de leur signification, et à vrai dire, ce n’est pas vraiment ce qui m’importe. C’est le jeu des formes dans les nuages, chacun y voit un peu ce qu’il veut, et c’est tant mieux. Ça devient ma petite obsession, pendant 3 jours je passe à la loupe chaque détail. Finalement, après six pages de glyphes inventoriées, je me résous à m’arrêter, de peur de commencer à me lasser. J’ai hâte de passer à la suite !

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Comment approfondir son idée ?

Le travail de composition

J’essaye de plus en plus de composer mes créations à la main, c’est plus libérateur. Cependant, vient toujours le moment où je repasse sur l’ordinateur. Chaque page dessinée est scannée, puis vectorisée dans Illustrator. J’ai en effet beaucoup de mal à me projeter sans visualiser, c’est donc pour moi une bonne façon de penser en amont, la taille, les couleurs, les calages et la complexité de la gravure. Dans le cas de cette lino, le travail de composition est également grandement facilité et accéléré en travaillant sur Illustrator. Je travaille d’abord en positif, puis je test le rendu en négatif. Pourquoi en négatif ? Simplement parce que j’ai déjà une petite idée de la taille que fera le tirage, que ce n’est que la première d’une série, et que par conséquent je souhaite accélérer le processus de gravure ! En effet, gravé cette composition en positif me prendrait des jours, et pour une fois, je m’attache plus à l’objet fini qu’à la gravure en tant que telle.

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Premier essai de composition au posca blanc sur papier noir.

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Vectorisation des glyphes dans Illustrator.

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Travail de la composition en positif et en négatif.

Le choix du format

Cependant ce n’est pas la seule explication. Quand je commence à composer j’ai déjà ma petite idée sur le rendu souhaité. J’ai envie de m’approprier les codex Maya tout en conservant certaines caractéristiques des écritures anciennes. Ici il s’agit du format allongé et de la forme ovale patinée et effacée, en référence aux tablettes d’argile. Afin de conserver l’esprit ethnique de ces glyphes une idée se fait de plus en plus présente : changer du support classique cadre et papier. J’ai un petit stock de tissu en coton sergé qui se prêterait bien à la réalisation de tentures murales type Kakémono.

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Tablette d’argile et kakémono japonais.

Les contraintes de mise en page

L’idée est là il faut maintenant la concrétiser. Si vous avez lu l’article sur « Quels matériels pour mes linogravures », vous savez que j’utilise une petite presse Xcut, qui limite la taille de mes tirages. Et en cette période de confinement je suis également limitée par la dimension des plaques de lino en stock, au format A4. Une autre contrainte se dessine : le conditionnement pour l’envoi postal. Ce n’est pas très « sexy », mais ce sont des éléments à prendre en considération, puisque ces frais déterminent une partie du prix de vente des tirages finalisés.

Lire aussi : Bien choisir son matériel de linogravure

Après quelques mesures, je teste sur Indesign des mises en situation au format. Mon illustration mesure environ 15 cm de large par 29 cm de hauteur. Je conserve les règles de base de l’encadrement, et rajoute 5 cm de marge sur les côtés. Et pour accentuer l’effet allongé, propre aux kakémonos, je pars sur des marges hautes et basses plus imposantes de 8 cm. Voilà, j’ai déterminé mon format. Il ne reste qu’à vérifier tout ça avec un test d’impression de l’illustration avec mon imprimante. C’est toujours une bonne idée d’avoir une visualisation au format réel. Je suis prête pour préparer ma plaque et commencer à graver… ou presque !

La finalisation de l’idée

Et oui, car pour soutenir ma tenture, il va me falloir des baguettes en bois ! Lors d’une précédente sortie « promenade du chat » j’avais repéré, dans le jardin de la résidence, un certain nombre de branches au sol. Je me connais, si je tergiverse trop avec moi-même je ne concrétise jamais mon idée. Une petite balade s’impose, au cours de laquelle j’en profite pour récupérer plusieurs branches mortes de taille variée. Je n’ai jamais travaillé le bois, mais après lecture de quelques tutos DIY de déco, je me lance dans l’écorçage de mes branches, muni d’un cutter et d’un papier de verre à gros grain pour le ponçage. Pour un effet plus naturel et patiné, je suis les recettes de bois flotté. Mes baguettes sont prêtes. Mon processus de création est terminé, place à la gravure !

fabrication-branche-de-bois-flotte

Fabrication de bois flotté pour les baguettes des tentures.

J’espère que cet article vous a plu, et qu’il vous aidera à trouver l’inspiration ou à défaut à mieux comprendre mon processus de création ! Pour résumé en quelques mots : restez ouvert à ce qui vous entoure, en veille passive permanente. Et n’hésitez pas à laisser un commentaire pour partager vous aussi vos sources d’inspiration !

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6 commentaires

  • esther bronkhorst5 mois ago

    Bonjour !
    J’ai découvert votre blog sur internet et j’adore !!!
    Je suis tombée dessus parce que je préparais des plaques de lino pour les graver.
    Hâte de lire tous vos articles, c’est super inspirant, vous avez plein d’idées et j’ai la même technique de travail (donc je peux bien m’y référer) !
    Voilà c’est tout, un petit merci 🙂
    Très bon samedi à vous !
    Esther Bronkhorst

    reply
  • Juliette2 mois ago

    Merci beaucoup pour cet article, je me lance dans la linogravure (mon premier métier est éditrice, et j’écris aussi) avec l’idée de juxtaposer des poèmes et des linogravures… Vos articles sont très bien écrits, et très bien mis en page 🙂

    reply
  • Catherine1 mois ago

    Bonjour,
    Merci pour ce bel article !
    J’aurai une petite question : comment entretiens-tu tes plaques de lino une fois utilisées ? Faut-il enlever la totalité de l’encre restante ? J’ai fait un essai avec de l’encre pour textile et après plusieurs impressions, l’encre colmate et fait des agrégats…. qui finissent pas rentrer dans les sillons des gravures… je suis désespérée ….
    Merci d’avance pour ton retour !

    reply

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